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15/06/2019
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Au Maroc, les jeunes de moins de 24 ans représentent plus de 30% de la population du Maroc. Cela signifie l’existence d’un capital humain important qu’il faut guider, accompagner et former.

Une catégorie de ces jeunes qui sont en situation de vulnérabilité, de rue et de contact avec la loi font face à de grands défis dont particulièrement l’éducation, la formation et l’emploi. Leur situation de vulnérabilité est alarmante. Ils sont les plus touchés par le chômage et la précarité des conditions de vie.

Le Haut-Commissariat au Plan au Maroc a publié une analyse en date de février 2017 sur la situation de l’emploi des jeunes au Maroc en signalant que : « Près d’un jeune sur quatre âgés de 15 à 24 ans (1.685.000 jeunes) au niveau national ne travaille pas, n’est pas à l’école et ne suit aucune formation. Cette proportion atteint 78% parmi les jeunes femmes (1.319.000 personnes), et 12% parmi les jeunes hommes (366.000 personnes). Parmi la population en âge de scolarisation dans l’enseignement secondaire qualifiant (15-17 ans), 14,2% (300.000 personnes) ne travaillent pas, ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation. Cette proportion est de 24,6% parmi les filles (243.000 personnes) et de 5,1% parmi les garçons (58.000 personnes). Parmi les 18-24 ans, cette proportion atteint 34,6% (1.385.000 personnes), 53,5% parmi les filles (1.077.000 personnes) et 15,5% parmi les garçons (308.000 personnes). »[1]

Le processus de transition vers la vie autonome et active des jeunes en situation de vulnérabilité est traversé par d’énormes difficultés. Ces jeunes souffrent d’un faible niveau scolaire en décalage avec les exigences du marché du travail diminuant leurs chances d’insertion professionnelle. Ils sont aussi marqués par l’absence ou l’insuffisance de leurs réseaux sociaux de soutien et notamment de soutien familial. C’est une population qui a accumulé des difficultés psychologiques à cause de son parcours de placements et replacements dans différentes institutions de protection sociale. A ce propos, l’institutionnalisation de longue durée affecte la structure personnelle et la stabilité des jeunes placés dans ces institutions.

Il est important de signaler que le rapport global de 2014[2] : « Étude de diagnostic sur la situation de l’emploi au Maroc » a relevé un ensemble de défi dont particulièrement :

  • « Des déficits d’emploi importants en quantité (chômage élevé des jeunes urbains, travailleurs découragés, faible taux d’activité) et en qualité (emploi vulnérable, revenu faible et emploi informel en particulier pour les travailleurs non-qualifiés ; disparités de toutes sortes…), combinés à une forte pression de l’offre de travail (arrivée massive des jeunes sur le marché du travail, nouvelle politique de migration) ;

  • Un système d’éducation et de formation insuffisamment adapté (par rapport aux besoins du marché du travail) et dual (public/privé), face à des besoins en compétences croissants de la part du système productif, lequel fait face à de nouvelles normes de compétitivité avec l’ouverture économique et l’évolution des modes de consommation et des processus techniques de production en évolution continue ;

  • Une forte segmentation du marché du travail avec de fortes disparités territoriales (urbain /rural et régionales) et sociales (genre, niveau d’éducation, âge) ;

  • Une relative faiblesse de la gouvernance du marché du travail et de l’emploi, alors que les réformes politiques en cours visant à consolider l’État de droit et le processus de décentralisation nécessitent un renforcement de la gouvernance du marché du travail ;

  • Une relative faiblesse du dialogue social »

Ces jeunes âgés entre 16 et 24 ans constituent un atout démographique transitoire qu`il est important de valoriser par des politiques d`accompagnements systémiques pour que ces jeunes puissent exercer l`ensemble. Ainsi une grande partie de cette tranche de la population en âge de travailler fait partie des 370.000 personnes[i][3] qui arrivent annuellement sur le marché de l`emploi. Ainsi : ` la question de l’emploi s’impose dans notre pays, avec acuité et d’une façon permanente, en tête de l’ordre du jour de la nécessaire valorisation de ses ressources humaines, de la résilience du progrès de son économie et de la préservation de la stabilité de sa société et du dynamisme de ses institutions démocratiques. `[4]

Une attention particulière en direction des filles en situation de grande précarité et de grande vulnérabilité doit être portée.  Le Haut-Commissariat au Plan a publié le 11 octobre 2017 une note d’information sur la situation des filles [5] :

  • Une fille entre 7 et 12 ans sur dix est non scolarisée dans le milieu rural et 14,8% des jeunes filles de 15 à 24 ans sont analphabètes contre 7,2% des garçons du même âge.

  • 24,6% des filles de 15 à 17 ans ne travaillent pas, ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation contre seulement 5,1% parmi les garçons[6].

  • Le taux d’activité des hommes atteint 75,5% contre 20,4% parmi les femmes[7] et le taux d’activité des jeunes de 15 à 24 ans s’établit à 52,6% pour les jeunes hommes contre 17,9% pour les jeunes femmes.

  • 000 enfants âgés de 7 à moins de 15 ans se trouvent sur le marché de l’emploi dont 39,9% sont des filles et 65% ne sont pas scolarisés[8].

  • Les femmes consacrent 7 fois plus de temps aux activités domestiques que les hommes et les filles de 7 à 14 ans 3,4 fois que les garçons[9].

  • Les filles demeurent les principales concernées par le mariage précoce avec une proportion de 94,8% du total des mineurs mariés.

  • 32,1% des filles mineures mariées ont déjà au moins un enfant.

  • 29,2% des jeunes femmes de 15 à 24 ans ont déjà contracté un premier mariage contre 3,8% des jeunes hommes et la grande majorité des filles non célibataires (87,7%) sont des femmes au foyer.

Ces statiques témoignent de la grande vulnérabilité des filles qui incite à mettre en place une prise en charge urgente et spécifique au profit des filles.

Cette population de jeunes garçons et de jeunes filles qui ont besoin de protection, de réinsertion familiale, sociale, socio professionnelle sont des jeunes qui sont ou, ont été en situation de rue, victimes de maltraitances physique, psychologique et sexuelle et, également en contact avec la loi.

Pour les aider, il va sans dire que la réhabilitation et l’insertion psycho sociale sont des conditions de base pour que ces jeunes puissent se résilier. Plusieurs outils peuvent être mis à dispositions à travers des maisons de jeunes.

En passant, en autres, par les composantes culturelles, la réhabilitation de ces jeunes peut se faire par l’organisation de :

  • Ateliers artistiques,

  • Tables rondes,

  • Ateliers de cinéma,

  • Ateliers d’artisanat,

  • Ateliers de coaching et de life skills ;

En phase d`autonomisation et d`insertion professionnelle, différentes activités peuvent être proposées à l`instar de ce que l`association Bayti fait en particulier à destination des jeunes filles :

  • Ateliers de développement personnel (life skills)

  • Accompagnements psychothérapeutiques.

  • Formation aux techniques de recherche d’emploi

  • Bourses d’autonomisation

  • Suivi et accompagnement lors du placement en milieu professionnel

  • Mobilisation et rencontres avec les chefs d’entreprises

Il est important de poser un diagnostic de la situation des jeunes dans le contexte marocain quant à leur diversités plurielles, leurs nombreuses difficultés et leurs nombreuses attentes. Par ailleurs, examiner les réponses apportées aux besoins de la jeunesse qui sont encore très en-deçà des attentes. Et enfin proposer des actions pour que la jeunesse soit un capital à développer et non un problème à résoudre.

Des regards croisés sur les acquis et les défis s`imposent pour essayer de saisir la complexité de la jeunesse afin de proposer les actions idoines.

[1] Note d’information du Haut-Commissariat au Plan au sujet des principaux enseignements sur la qualité de l’emploi en 2016. http://www.hcp.ma/Principaux-enseignements-sur-la-qualite-de-l-emploi-en-2016_a1879.html

[2] Résultat de l’étude de diagnostic menée par équipe d’experts mandaté par le BIT

[3] Présentation de l`étude `Formation et emploi au Maroc` présentée par M. Ahmed Lahlimi. Haut-Commissaire au Plan. Rabat 2 mai 2018.

[4] Ibid.

[5] http://www.hcp.ma/attachment/914841/

[6] L’enquête nationale sur l’emploi de 2016.

[7] Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2014

[8] L’enquête nationale sur l’emploi de 2014.

[9] L’Enquête Nationale sur l’Emploi du Temps de 2012